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Après une réunion au ministère de la Santé, caractérisée de « constructive » par le collectif Douvan douvan, mais avec un résultat vide car aucune disposition supplémentaire n’avait été arrêtée en sus de la mise sous administration provisoire.

Samedi 16 décembre, nouvelle réunion avec la ministre des Outre-mer, et cette fois, sourire aux lèvres, c’est la satisfaction d’avoir été écoutés : « ce fut une rencontre extrêmement positive » , « elle va informer la ministre de la Santé et le président de la République de la nécessité d’intervenir urgemment » , « 1 million d’euros a été versé vendredi et des aides exceptionnelles arriveront en janvier » . Malgré les 93 millions versés par l’Etat, le CHUM, c’est 35 millions de déficit pour 2017, 45 millions de créances irrécouvrables cumulées, 10 millions dépensés pour des médecins intérimaires, plus de 360 jours de délai de paiement des fournisseurs, on est bien loin du compte avec ce saupoudrage conjoncturel.

Mais la ministre a omis de dire à ses interlocuteurs satisfaits qu’elle avait déjà signé depuis le mardi 12 décembre 2017, la lettre de mission des administrateurs provisoires du CHUM qui sont en fonction depuis le 3 janvier 2018. Mais pour le CDD, « ce fut une rencontre extrêmement positive »

MANTÈ PANI MÉMWA!

Mon peuple quand hors des jours étrangers germeras-tu une tête tienne…quand cesseras-tu d’être le jouet sombre au carnaval des autres ou dans les champs d’autrui l’épouvantail désuet.

Dans cette lettre de mission, cosignée par la ministre de la Santé, il est précisé que la réduction des déficits est prioritaire et le rééquilibrage des finances est une condition préalable à toute relance des investissements. Pour atteindre ces objectifs, il est demandé aux administrateurs de mettre en place le plan d’actions présenté au Copermo : recomposition des implantations hospitalières et des tailles des unités de soins + optimiser les effectifs associés = des fermetures de lits (220) et des réductions d’effectifs (312 ETP). Et tout naturellement il est prévu l’implication de l’ensemble du personnel dans ces travaux! Si cette feuille de route ne gêne pas les chefs de pôles c’est qu’ils ont fait leurs ces propositions dans le projet médical, qu’ils ont approuvé à 90%. Par contre, il est étonnant que ces ministres puissent penser que la communauté hospitalière est prête à se laisser presser encore une année comme des citrons.

Nous n’avons mandaté aucun CDD pour nous représenter, pa chèché fè nou pran coco pou zabrico!

Il ne faut surtout pas que les ministres de la Santé, des Outre-mer et l’ARS pensent nous anesthésier avec cette mesurette, ces administrateurs n’ont légalement aucun pouvoir pour régler les questions structurelles qui entraînent inexorablement ce CHUM dans les bas-fonds des déficits.

C’est en ce sens que l’UGTM a proposé à l’ARS lors de la rencontre du 17 novembre 2017, l’ouverture des discussions durant les quatre premiers mois de 2018, dans le cadre de la commission régionale de concertation qui devra être remise en place. Ces discussions porteront sur la revalorisation du coefficient de vie chère, la valorisation des missions d’intérêt général, la résorption des créances irrécouvrables et l’effacement de la dette, le remplacement de la T2A par un autre modèle de financement pour les hôpitaux en Martinique.

Pour obtenir un mieux-être, un mieux vivre, pour pouvoir se projeter dans un avenir meilleur, pour protéger nos populations et leur donner des soins de qualité, notre mot d’ordre : on ne lâche rien!

Serge Aribo Secrétaire général de l’UGTM Santé