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Les couleurs et senteurs du marché couvert de Fort-de-France, un passage obligé pour les visiteurs ou les habitués. (Wilfrid Téreau/France-Antilles)

Véritable pôle d’attraction du marché couvert, le stand de fruits et légumes de Flora ne désemplit pas. Il faut dire qu’avec sa tenue soignée et son chapeau flamboyant, celle qui fut longtemps la benjamine des lieux – et reçut à ce titre le surnom de Katchopine – a le sens du contact et le goût de l’accueil. Des qualités qui font d’elle un aimant à touristes et autres croisiéristes. « Mes clients sont des fidèles. Même les touristes, qui me prennent en photo, reviennent me voir un ou deux ans après, m’amènent la photo ou me disent qu’ils me mettent en fond d’écran de leur ordinateur quand il fait froid! »

Bien sûr, l’offre du grand marché ne se limite pas aux fruits et légumes de Flora. Avec une centaine d’exposants en moyenne, le grand marché de Fort-de-France s’articule autour de produits variés, organisés par thématiques. À l’entrée, les fruits et les légumes. Puis, ce sont les épices, liqueurs et sirops de saison, avant que ne s’offrent à la vue du chaland l’artisanat et les souvenirs. Enfin, tout au fond de la bâtisse – sortie de terre en 1886, rebâtie à l’identique en 1901 après deux catastrophes naturelles et restaurée en 1989 – l’on trouve cinq restaurants, pour une pause gustative des plus appétissantes!

À l’initiative de l’association Machann’Foyal, le grand marché propose régulièrement des opérations autour d’un fruit ou légume de saison. Ainsi, après le melon, la semaine dernière, ce sera au tour de la dachine d’être en fête cette semaine. (Wilfrid Téreau/France-Antilles)

RENCONTRES

Alex Sophie, marchand d’épices, punchs et sirops

(Wilfrid Téreau/France-Antilles)

Je suis né dans le marché! Ma mère y a été elle-même marchande durant 55 ans et j’y viens depuis que je suis bébé. Petit, déjà, je vendais aux côtés de ma mère. C’est donc tout naturellement que j’ai pris sa suite, il y a 20 ans maintenant. Ma clientèle se compose de beaucoup de fidèles, ainsi que de touristes. Car le grand marché couvert est un passage incontournable. Même quand Fort-de-France est vide, il y a du monde au marché. Mon secret ? Accueil et qualité des produits. Mes sirops et mes punchs sont faits maison, par mes soins. Mes épices sont tous aux normes IFS. Particuliers ou restaurateurs, on vient de loin pour ma pâte à colombo!

Flora « Katchopine » Tobinord, marchande de fruits et légumes

(Wilfrid Téreau/France-Antilles)

Je suis la 3e génération de marchandes de ma famille. Ma grand-mère a travaillé au marché couvert. Ma mère Géonie y est depuis 40 ans ; elle vend des plantes médicinales. Et moi, j’ai commencé il y a 10 ans… J’ai été élevée sur le marché. L’odeur du café de ma grand-mère me réveillait et je partais avec elle, le mercredi ou le samedi, vendre sur le marché. La chaleur de l’accueil, le contact humain… Cela ne s’apprend pas. On l’a en soi dès le départ. Comptable de formation, j’ai fait carrière dans le tourisme, avant de faire le choix du marché, car c’est tout ce que j’aime. Mon slogan, c’est le SBAM : sourire, bonjour, au revoir et merci!