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La Picardie gagne 17 296 habitants : une dynamique faible

Avec une population de 1 932 090 habitants, la Picardie connaît un dynamisme démographique relativement faible (+ 0,2 %), bien en dessous de la moyenne nationale (+0,5 %). L’explication est relativement simple. Malgré un solde naturel positif, (davantage de naissances que de décès), la faible croissance de la population picarde, (+17 296 habitants entre 2010 et 2015), est liée à un solde migratoire déficitaire. Dans les trois départements picards, en effet, il y a davantage d’habitants qui quittent la région que d’« étrangers » qui s’y installent.

La hausse de la population picarde est ainsi avant tout liée au dynamisme démographique du sud de l’Oise, en raison notamment d’un solde naturel élevé (+0,8 %).

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L’Oise connaît la plus forte croissance, la Somme stagne, l’Aisne perd des habitants

Avec 822 000 habitants, soit 18 000 de plus qu’en 2010, l’Oise est de loin le département picard le plus peuplé, et se hisse même au troisième rang de la région Hauts-de-France. Une dynamique, à revers de la tendance picarde, particulièrement marquée dans les grandes communes. Dans l’Oise, l’accroissement annuel moyen de la population (+0, 4 %), atteint 0,5 % dans les communes de plus de 10 000 habitants, essentiellement grâce à un solde naturel élevé (+0,8 %). Cette tendance se retrouve essentiellement dans le sud du département, en raison de la proximité avec la région parisienne.

Ainsi, la Picardie doit avant tout au sud de l’Oise de voir sa population se maintenir. En effet, avec seulement 1 138 habitants de plus qu’en 2010, la Somme connaît un rythme annuel de croissance quasi nul. Sur la même période, l’Aisne a perdu 1 799 habitants, enregistrant ainsi un rythme de croissance légèrement négatif (-0,1 %).

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Les Picards quittent

les centres urbains

pour les petites villes

Les grandes villes perdent des habitants au profit des petites communes. Observée dans la région depuis le début des années 1970, cette tendance à la périurbanisation se confirme, hormis dans le sud de l’Oise. Dans la Somme, alors que les grandes villes comme Amiens, Abbeville ou Péronne perdent des habitants, la démographie des communes de moins de 2 000 habitants est relativement dynamique. Elles représentent désormais près de la moitié des 571 879 habitants du département. Comme à Amiens, où le prix de l’immobilier et la fiscalité locale poussent les ménages à s’éloigner du centre urbain, les Picards s’éloignent de plus en plus de leur lieu de travail. La tendance se confirme dans l’Aisne où une ville comme Saint-Quentin voit sa population baisser légèrement, alors que l’ensemble des communes de moins de 2 000 habitants croit légèrement (+ 117 habitants).

En Picardie, seul le sud de l’Oise, où la population augmente plus rapidement dans les grandes communes, connaît une dynamique inverse. Dans ce département, les villes de plus de 2 000 habitants concentrent 60 % de la population.

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D’ici 2050, la croissance

démographique de la Picardie va encore ralentir

Les derniers chiffres du recensement confirment les projections réalisées par l’Insee publiées au printemps dernier. D’ici 2050, la croissance démographique de la Picardie sera ralentie, principalement en raison d’un solde migratoire négatif. Une tendance qui se vérifie dans les Hauts-de-France, où les départs, non compensées par les arrivées, feront sortir la région du top 3 des régions les plus peuplées de France, pour n’atteindre que le cinquième rang de ce classement. « Ce sera la seule région de province à avoir un solde migratoire négatif », notait Jean-Christophe Fenouillet, directeur régional de l’Insee Hauts-de-France, lors de la présentation de cette étude. Une évolution néanmoins très hétérogène dans les cinq départements du territoire. Alors que le Nord (+5,9 %), la Somme (+5,8 %), et surtout l’Oise (+10 %), vont poursuivre leur croissance démographique, le Pas-de-Calais (seulement +0,6 %, malgré une forte natalité), et surtout l’Aisne (- 3,8 %), seront les départements qui connaîtront le plus d’émigration. Pour des motifs économiques, principalement.

D’ici 2050, l’accroissement démographique de la région (+4,3 % contre 12,5 % au niveau national), sera uniquement porté par un solde naturel positif (davantage de naissances que de décès.) En revanche, la Région Hauts-de-France occupe l’avant-dernière place du classement des régions françaises selon leur solde migratoire, avec seulement 37 % d’entrants pour 54,7 % d’habitants qui quittent la région. La tendance n’est pas nouvelle mais le phénomène s’accentue. La région Hauts-de-France et ses deux entités (Nord-Pas-de-Calais et Picardie) connaît une croissance démographique très limitée depuis le milieu des années 1970, début du déclin industriel du nord du pays. La croissance annuelle de la population est passée de +1,26 % par an entre 1975 et 1982, à + 0,32 % entre 2006 et 2011, pour descendre à 0,2 % aujourd’hui, et seulement 0,1 % d’ici 2050, selon les projections de l’Insee.

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Des politiques publiques à revoir

1, 9 millions de Picards, et moi, et moi, et moi… Le recensement de la population ne sert pas qu’à faire de belles chansons ou à flatter l’orgueil des habitants de telle ou telle commune. En effet, c’est grâce, ou à cause de ces données collectées que sont pensés et réalisés les petits et grands projets. Construction de crèches, d’écoles ou de maisons de retraite, infrastructures routières, équipements, mais également dotations de l’État aux collectivités sont directement inspirés par les chiffres du recensement. Au regard des données publiées par l’Insee, le tissu périurbain picard, qui gagne en population, devrait naturellement bénéficier d’une politique publique d’accompagnement davantage soutenue. En théorie tout du moins.

FABRICE JULIEN

Plus de 66 millions de personnes vivaient en France métropolitaine et dans quatre départements d’outre-mer au 1er janvier 2015. La France, hors Mayotte, comptait 66 190 280 habitants, selon les chiffres des « populations légales » de l’Insee, soit une hausse de 283 294 habitants par rapport aux données arrêtées au 1er janvier 2014, et publiées il y a un an par l’Insee.

Calculé à partir des informations collectées lors des enquêtes de recensement, ce chiffre définitif inclut les départements de Guadeloupe, Guyane, Réunion et Martinique. Mayotte, devenue officiellement le 101e département français le 31 mars 2011, n’est pas prise en compte dans ce total.

261 communes de moins de 30 habitants

Sur les 35 399 communes de France, 261 comptaient moins de trente habitants. Une personne sur cinq vivait dans l’une des 100 communes les plus peuplées du pays. Entre 2010 et 2015, 75 départements ont vu leur population augmenter. Néanmoins, selon un focus sur les populations départementales, les évolutions sont différentes d’un territoire à l’autre en fonction des mouvements naturels (naissances et décès) et des mouvements migratoires (entrées et sorties sur un territoire).

L’Île-de-France, les départements d’outre-mer, et ceux où sont établies les grandes métropoles (Rhône, Bouches-du-Rhône) concentrent la jeunesse. Les excédents naturels (plus de naissances que de décès) ont ainsi culminé en Guyane (+2,3 % de solde naturel), dans les départements franciliens ou encore à La Réunion (+1 %). À l’inverse, dans les départements du centre et du quart sud-ouest (Gers, Lot, Charentes), où la population est plus âgée, les décès ont été supérieurs. Le solde naturel est « particulièrement déficitaire » dans la Creuse (-0,8 %), la Nièvre ou le Cantal (-0,5 %), selon l’Insee.

Mais les évolutions de population dues aux migrations « offrent une image presque inversée » du territoire, souligne-t-il. Ainsi, les départements du nord-est de la France, jusqu’au nord de l’Île-de-France, Paris inclus, ont connu plus de départs que d’arrivées sur leur territoire, tandis qu’au sud de cette ligne, les arrivées de population ont été supérieures. En comptant à la fois mouvements naturels et migratoires, c’est en Guyane, Auvergne-Rhône-Alpes, sur la façade atlantique, en Occitanie, Ile-de-France et Corse que la population a crû le plus fortement sur cette période.