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L’image du jour publiée dans l’édition de France-Guyanedu jeudi 21 décembre m’a incité naturellement à apporter mon témoignage sur ce magistrat, ce camarade et ce fidèle ami. Nous avons appris à nous connaître tout d’abord comme de simples marcheurs, constatant l’amour que nous avions pour ce pays et pour tous ceux qui y habitent. Puis nous avons découvert que nous agissions tous les deux sur un même plan, à titre pratiquement bénévole de retraités l’un et l’autre, pour le bien de la justice et des justiciables. Bruno Picou comme juge de proximité et moi-même à l’époque, comme président de la formation de jugement du contentieux de l’incapacité.

De ces rencontres, est née, dans les valeurs communes qui nous unissent, une amitié qui, au fil des années, s’est fortifiée par la proximité culturelle et cinématographique.

Bruno Picou est de ces hommes à la psychologie avancée qui ont su, avec humanisme, traiter ceux qui avaient affaire par des dérapages dont ils ne sont pas toujours responsables avec la justice. Il est le condisciple de Patrick Chamoiseau car il a compris l’homme en tant qu’éducateur dans les prisons sur sa souffrance et son isolement.

Bruno Picou est né dans une famille humble, travailleuse, courageuse de notre terroir agricole du sud de la France.

C’est un ami d’une grande valeur et d’une authentique profondeur morale.

La justice pour lui a été sa vie. Il est à faire remarquer qu’il prend définitivement une retraite à 74 ans, c’est-à-dire que dix ans après avoir été mis à la retraite de la cour d’appel en tant que magistrat de haut niveau (conseiller à la cour d’appel), non seulement il accepte mais demande à être juge de proximité pour rester au service de la justice et des justiciables.

Près de dix ans de service en plus pour la magistrature. Et pendant ces dix ans, son assiduité et le rendu des jugements ont été sans faille. Connaissant mon ami Georges Othily qui savait notre amitié, je suis certain qu’il n’aurait pas manqué de lui rendre un hommage. C’est pourquoi moi-même, je saisis ce moment pour apporter mon témoignage très fort à Georges Othily sur sa ténacité, sur son travail, sur la reconnaissance qu’il avait pour les autres et exprimer mes remerciements envers lui lorsque, au gré des vents, nous avions l’occasion d’intervenir pour des conférences humanitaires. Je m’incline par trois fois pour cet homme et apporte mon affectueuse amitié à Indira et à toute la famille.

L’hommage que je rends à Bruno est un hommage réel, sincère et je peux le faire moi-même, je suis un servant de la justice depuis toujours dans mes anciennes qualités d’inspecteur, de directeur du travail et aujourd’hui encore au tribunal modeste où je suis mais le soleil ne s’arrête pas parce qu’il passe au-dessus d’un petit village.

Bruno a su faire briller ce soleil ardemment, passionnément pour le bien commun des justiciables, de la justice et de l’ordre public. Je souhaite que tous, magistrats, avocats, plaideurs et tous ses amis, s’allient à moi pour te dire Bruno un très grand merci d’avoir laissé ta marque partout où tu es passé et notamment en Guyane. Nous gardons de toi ce souvenir présent de l’homme que tu as été et que tu resteras.

Jacques Bertholle,président du tribunal du contentieux de l’incapacité, chevalier des trois premiers ordres de la Nation