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Après un parcours exemplaire, tu vogues aujourd’hui’hui vers l’Orient éternel… Je n’évoquerai pas ton odyssée politique. Tout le monde la connaît ou alors il faudra l’apprendre.

La Guyane perd un homme de conviction ayant les deux pieds enracinés dans son territoire, la Guyane greffée au coeur, un homme passionné au verbe haut, qui me lançait souvent une citation de Lénine, dans cette verticalité qui sied aux hommes libres et de bonnes moeurs, : « Certains volent avec les aigles… D’autres picorent avec les poules… » Un homme entier, un amalgame de défauts assumés et de qualités remarquables dissimulées, lors de conversations (oh! Nous n’étions pas toujours d’accord sur tout!) toujours marquées du sceau de la tolérance de la dignité et du respect.

Ta faconde intarissable cachait une profonde sensibilité que j’ai pu apprécier entre autres dans Lettre à Emeraude. La Guyane perd un homme de culture avec qui j’avais grand plaisir à discuter. Moi, je perds un frère qui savait apprivoiser la spiritualité pour la mettre au service de la raison, Je perd un ami au sens voltairien du terme, qui accommodait la bienveillance, la confiance et le conseil, un ami qui m’a fait l’insigne honneur de me remettre Il y a quelques années une illustre décoration en me disant doctement : « Vous ne pontifiez pas… » , me laissant sans voix.

Au moment où tu vas rejoindre ton épouse et les tiens, à l’Orient éternel, tu retrouveras un ami que tu connais bien : Émile, mon père. Tu l’embrasseras pour moi! La pirogue s’éloigne et je t’imagine, goguenard, observant tes nouveaux nombreux amis, en marmonnant avec malice, en empruntant à Voltaire,… « J’ai fait un peu de bien, c’est mon meilleur ouvrage… » Le sillon que tu as tracé sera fécond… A posteriori. Amitiés et respect.

Dr Roger-Michel Loupec