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Le département de la Guyane est couvert à 95 % par la forêt amazonienne. Un refuge pour de nombreuses espèces animales et végétales qu’il est possible de découvrir.

En forêt, on se déplace en pirogue, sur les fleuves et les rivières ou à pied, nulle route, peu d’aérodrome. On dort sous le carbet, à la lueur d’un feu de camp. On se sent minuscule dans ce massif forestier de huit millions d’hectares. 1.500 espèces d’arbres y prospèrent sur les seize mille recensées en Amazonie. Sous la canopée, la lumière peine à se frayer un chemin jusqu’au sol. Pour jouir du spectacle de la brume s’effilochant sur la forêt, aux premiers rayons du soleil, il faut gravir un inselberg, un de ces sommets granitiques émergeant de la forêt. Si l’effort peut être intense, la récompense est unique. On peut aussi, plus simplement se rendre sur les hauteurs de Cacao, où le réseau routier est plus développé et la terre défrichée par les Hmongs, qui ont fait de la localité un jardin tropical où fleurs, légumes et fruits semblent sortir d’une corne d’abondance. Cela permet aussi de profiter du marché local.

La ponte des tortues
Les tortues marines, vertes, imbriquées, Luth ou olivâtres viennent pondre sur les plages de Guyane. On les observe sur la plage des Lattes dans la réserve naturelle de l’Amana, à Awala-Yalimapo, à côté de Saint-Laurent du Maroni, à l’extrême nord-ouest de la région, là où le fleuve Maroni se jette dans l’Atlantique, marquant la frontière avec le Surinam. Le spectacle nocturne de ces géantes des mers, défiant la loi de la gravité, pour déposer leur ponte dans le sable, est des plus émouvant.

Les marais de Kaw
Avec ses cent mille hectares, la réserve naturelle des marais de Kaw est la troisième de France par sa superficie. Dans ses méandres irrigués par la crique Angélique et la rivière de Kaw se déverse quantité d’eau. Ici, la pluviométrie est particulièrement importante, les montagnes de Kaw bloquant les alizés. Entre terre, mer et rivière, la biodiversité explose. On y observe de nombreuses espèces d’oiseaux. Le matin, le marais se réveille non pas au chant du coq, mais aux cris des singes hurleurs. La visite se fait en pirogue, traçant sa route à travers les graminées et les moucou-moucou. Il existe même un carbet flottant. Il ne faut pas oublier ses jumelles, ou un gros téléobjectif pour profiter pleinement du spectacle qu’offrent les ibis rouges, espèce emblématique de Kaw, à l’embouchure du fleuve l’Approuague. Ici, un élégant héron cocoï, ou un hoazin huppé, au vol maladroit, nous surprend. Un peu plus loin un petit singe saïmiri nous observe. La balade ne s’arrête pas au coucher du soleil. La nuit est le moment idéal pour observer à la lampe torche, le caïman noir, dans son ultime refuge.
Kourou et le Centre spatial
Profitant de sa position très proche de l’équateur qui optimise les trajectoires, le Centre spatial guyanais jouit d’un rayonnement international incontestable. Faire coïncider son voyage avec un tir d’Ariane 5, Soyouz ou Véga est l’occasion de jouir d’un spectacle unique. Depuis la plage de Kourou, lorsque les moteurs crachent toute leur puissance, le ciel s’illumine comme un soleil.