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Responsable de la zone Antilles-Guyane, Francis Malinur salue l’ascension fulgurante et le destin lié des deux benjamines de l’équipe de France, Orlane Kanor et Jannela Blonbou.

« Objectivement, je savais que ça arriverait un jour. Mais aussi vite, non, sincèrement. » Encore sous le coup de l’émotion, hier, le Conseiller technique interrégional Francis Malinur rouvre pour nous le livre des souvenirs de ses protégées, Orlane Kanor et Jannela Blonbou, marqué par l’année 2015. Un titre de Nationale 1 sous les couleurs du Zayen La puis un sacre intercontinental lors de l’IHF Trophy, en Bulgarie, avec la sélection U20. « En deux ans et demi à peine, elles ont gravi tellement d’échelons, et maintenant championnes du monde, la cerise sur le gâteau. C’est une telle fierté pour nous tous, les éducateurs, les parents, la Guadeloupe. »
D’autant qu’à 19 et 20 ans, Jannela et Orlane s’affichaient comme les benjamines de la liste bleue. Si la première n’est pas entrée en jeu, la seconde a marqué la finale de son empreinte, en inscrivant deux buts décisifs. « Olivier Krumboltz (le sélectionneur) l’a fait rentrer à ce moment-là, c’est qu’il a une énorme confiance en elle. »

UN PARCOURS SURPRENANT

Une confiance qu’Orlane et sa soeur Laura n’avaient pas gagnée, à 14 ans, du côté de l’Intrépide, avant de filer rejoindre le club mornalien. « Je me souviens que cette même année, le sélectionneur de la Guadeloupe m’appelle pour me dire qu’il a un gros problème. Son groupe pour partir aux France est déjà bouclé, mais des jumelles, aux qualités extraordinaires, commencent à se faire connaître. Je me déplace alors pour les voir jouer… Je me suis chargé de l’annoncer moi-même aux parents malheureux(rires) » .
Contrairement à Jannela et Méline Nocandy (Metz HB), Orlane a toutefois connu un parcours plus « surprenant » , ne passant pas par les équipes nationales jeunes. « Elle a un peu disparu après les cadettes France » , avant de revenir en flèche et de signer récemment son premier contrat pro, à Metz, le club phare féminin. Jannela Blonbou, elle, s’apprête à parapher le sien avec l’OGC Nice. « Elle est un peu frustrée de ne pas avoir joué, mais c’est une battante, elle va redoubler d’efforts pour gagner sa place. »
Avec ces deux pépites et des filles comme Laura Kanor et Méline Nocandy qui tapent à la porte de la maison bleue, le pôle d’excellence Antilles-Guyane prouve au monde entier la qualité de son enseignement. « On sait détecter mais aussi former, se réjouit Malinur. On voit bien qu’elles n’ont pas de problème d’adaptation quand elles rentrent dans le giron fédéral. »