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Grand ami de Georges Othily, Daniel Sinaï a accepté de réagir à sa disparition pour France-Guyane.

Vous n’avez pas réagi tout de suite à la mort de Georges Othily. On vous imagine affecté…

Bien sûr. J’étais touché. J’ai été à l’hôpital, je n’arrivais même pas à parler. C’était un grand ami. Je l’ai connu dans les années 1960 : je participais alors à un concours de chant sur la place des Palmistes. J’avais le trac et il est venu me voir en compagnie de M. Bierge et de Ferdinand Constantin. Ils m’ont encouragé et m’ont donné un petit verre de cognac pour me donner de la force. J’ai gagné le premier prix ce soir-là! (rires). Depuis, on était restés amis. Il m’appelait filleul et je l’appelais parrain. C’était une façon de me montrer son amitié.

Vous le considériez comme votre grand frère ?

Tout à fait. Je lui demandais souvent des conseils. Il m’a inspiré plusieurs chansons. On avait les mêmes idées. On parlait souvent, mais pas de politique.

Quel souvenir garderez-vous de lui ?

Celui d’un homme franc. Un grand visionnaire. Il a réalisé des choses en Guyane que beaucoup pensaient irraisonnables. Aujourd’hui on en voit l’utilité : le pont de Mana, le pont de Roura, la 2×2-voies, toutes les écoles… Toutes ces structures sont aujourd’hui trop petites, alors qu’à l’époque on lui reprochait d’avoir la folie des grandeurs. Élie Castor et lui sont des hommes qui ont cru en la Guyane et qui n’ont pas eu peur de braver les obstacles. C’était un homme de poids qui aimait beaucoup son pays. Il était très têtu aussi… Un grand homme.

Est-ce qu’il reste des gens de cette trempe dans la classe politique aujourd’hui ?

Je ne sais pas. Il y en a qui se débattent mais ceux qui sont en place n’ont pas la même envergure. Personnellement, il m’avait déconseillé d’entrer en politique car j’étais un homme d’affaires. On était venu me chercher pour la mairie de Matoury. Je l’ai écouté et je n’y suis pas allé.

Beaucoup d’hommages lui sont rendus depuis son décès alors qu’il était vivement critiqué de son vivant. Cela vous désole-t-il ?

Absolument. Quand j’ai commencé à travailler je n’avais rien. Je croyais en ce que je voulais même si on me prenait pour un fou. Et bien c’est pareil pour

Georges Othily. Il ne s’occupait pas des dires. Beaucoup ne l’ont pas compris. Moi, si j’ai réussi, c’est en partie grâce à lui.